
Après plusieurs années marquées par des difficultés autour de ses infrastructures sportives, la Guinée entend revenir au premier plan sur la scène continentale. Conakry a officiellement engagé le processus pour accueillir une prochaine édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), avec 2032 et 2036 comme horizons. Une ambition désormais portée au plus haut niveau de l’État.
La Guinée se lance dans la course à l’organisation d’une prochaine Coupe d’Afrique des nations. L’annonce a été relayée sur les réseaux sociaux par le Premier ministre Bah Oury, avant d’être confirmée par le ministre des Sports, Sellou Baldé.
Selon ce dernier, le gouvernement guinéen a arrêté son choix sur deux éditions possibles : la CAN 2032 ou la CAN 2036. Le Premier ministre aurait déjà signé la lettre officielle matérialisant la candidature du pays au nom du président de la République.
« La Guinée sera bel et bien candidate pour l’organisation de la CAN, soit en 2032, soit en 2036 », a confirmé le ministre des Sports, présentant l’organisation de la compétition comme une priorité nationale.
Le dossier guinéen devait être officiellement transmis ce vendredi à 15 heures TU, en présence du Premier ministre et des différents départements ministériels appelés à participer au projet.
Le stade du 28-Septembre, un signal important
Cette décision intervient dans un contexte marqué par une évolution notable des infrastructures sportives guinéennes. L’homologation récente du stade du 28-Septembre de Conakry est perçue comme un signal encourageant pour les autorités.
Longtemps confrontée à des difficultés liées à la disponibilité et à la conformité de ses enceintes sportives, la Guinée cherche désormais à démontrer qu’elle dispose des capacités nécessaires pour accueillir des compétitions internationales de premier plan.
Mais l’homologation d’un stade ne saurait, à elle seule, suffire à répondre aux exigences d’une CAN. La Confédération africaine de football (CAF) impose un cahier des charges particulièrement exigeant, couvrant notamment les stades, les terrains d’entraînement, les transports, l’hébergement, la sécurité, les infrastructures médicales et les moyens technologiques.
La candidature guinéenne devrait donc s’appuyer sur un vaste programme de modernisation et de mise à niveau des infrastructures à travers le pays.
Une candidature qui arrive dans un contexte concurrentiel
Pour l’édition 2032, la Guinée ne partira pas seule. Les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), à savoir le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ont déjà manifesté leur intérêt pour accueillir conjointement la compétition.
Les trois États ont effectué une démarche commune le 18 juillet 2026, en marge d’un rendez-vous international à New York, en présence du président de la CAF, Patrice Motsepe. Cette initiative constitue une première étape dans le processus de candidature et devra être suivie par la présentation d’un dossier répondant aux critères établis par l’instance continentale.
Le Sénégal est également évoqué parmi les pays susceptibles de se positionner pour cette échéance. La bataille pour l’organisation de la CAN 2032 pourrait donc rapidement prendre une dimension régionale, avec plusieurs projets et modèles d’organisation appelés à être départagés.
Un pari sportif, mais aussi politique et économique
Pour la Guinée, l’ambition dépasse le simple cadre footballistique. Organiser la CAN représenterait un projet d’envergure nationale susceptible d’accélérer les investissements dans les infrastructures sportives et urbaines, tout en offrant au pays une importante visibilité internationale.
Une telle compétition peut également stimuler plusieurs secteurs de l’économie, notamment l’hôtellerie, les transports, le tourisme et les services. Elle impose toutefois des investissements considérables et une organisation rigoureuse afin d’éviter que les infrastructures construites ou rénovées ne deviennent sous-utilisées après le tournoi.
Après avoir vu l’organisation de la CAN 2025 lui échapper, la Guinée entend donc transformer cette nouvelle candidature en véritable projet d’État. Reste désormais à convaincre la CAF de la solidité de son dossier et de sa capacité à relever le défi logistique d’une compétition réunissant les meilleures sélections africaines.
2032 ou 2036 : Conakry a désormais affiché ses ambitions. La prochaine étape consistera à transformer cette déclaration politique en un dossier technique suffisamment solide pour entrer durablement dans la course à l’organisation de la grande fête du football africain.