Maroc : une nouvelle loi encadre la prise en charge des animaux errants avant le Mondial 2030

Le Maroc franchit une nouvelle étape dans la gestion des animaux errants. Promulguée le 10 août et entrée en vigueur le 14 août 2026, la loi n°19.25 instaure un cadre national consacré à la protection, à la prise en charge et au suivi des chiens et chats errants. Une réforme qui intervient alors que le royaume se prépare à accueillir la Coupe du monde 2030 et que la question du traitement des animaux fait l’objet d’une attention internationale croissante.

Le Maroc veut désormais tourner la page des interventions ponctuelles dans la gestion des animaux errants. Avec l’entrée en vigueur de la loi n°19.25, le royaume se dote d’un dispositif juridique destiné à harmoniser les pratiques et à mieux organiser la prise en charge des chiens et chats présents dans les rues.

Le texte, adopté auparavant par les deux chambres du Parlement, fixe les grandes lignes d’une politique nationale qui associe deux impératifs : le respect du bien-être animal et la protection de la santé publique. À la Chambre des représentants, le projet avait obtenu 74 voix favorables et 21 abstentions, sans opposition.

Parmi les principales mesures figure l’encadrement des structures destinées à accueillir les animaux errants. La loi définit les conditions de création et de fonctionnement des centres de prise en charge et prévoit également un système permettant d’identifier et de déclarer les animaux. Une base de données nationale doit ainsi contribuer à améliorer leur suivi et à donner davantage de visibilité aux autorités sur l’évolution de la situation.

La réforme vise également à clarifier le rôle des différents intervenants. Les compétences des agents chargés de constater les infractions sont précisées, tandis que les responsabilités des autorités concernées doivent être mieux coordonnées. L’objectif affiché est de mettre fin à une gestion dispersée, souvent dépendante des initiatives locales.

Cette nouvelle législation arrive toutefois dans un contexte particulièrement sensible. Le Maroc sera l’un des pays hôtes de la Coupe du monde 2030, aux côtés de l’Espagne et du Portugal. À l’approche de cette échéance internationale, la présence de chiens errants dans plusieurs villes marocaines est devenue un sujet régulièrement observé et commenté à l’étranger.

Des organisations de défense des animaux et plusieurs médias internationaux ont notamment dénoncé des opérations visant à réduire la population canine dans les rues, allant jusqu’à évoquer des campagnes d’abattage. Ces accusations ont suscité de nombreuses réactions et alimenté les inquiétudes sur les méthodes utilisées par les autorités marocaines.

Rabat affirme pour sa part vouloir privilégier une approche différente, fondée notamment sur la stérilisation, la vaccination, l’identification et la prise en charge des animaux. La nouvelle loi vient donner une assise juridique à cette orientation et entend inscrire la gestion des animaux errants dans une politique publique plus structurée.

Au-delà de la dimension éthique, la question comporte aussi un enjeu sanitaire. Les autorités souhaitent renforcer la prévention des maladies susceptibles d’être transmises par les animaux errants et améliorer les mécanismes de surveillance. Le nouveau dispositif cherche ainsi à concilier protection animale, sécurité sanitaire et gestion de l’espace public.

Mais l’adoption du texte ne constitue que la première étape. Son efficacité dépendra largement de sa mise en œuvre sur le terrain. La création de suffisamment de centres d’accueil, leur financement, le développement des campagnes de stérilisation et la mobilisation des collectivités territoriales seront déterminants pour transformer les principes de la loi en résultats concrets.

Le véritable défi sera également de vérifier que les pratiques dénoncées par les associations de protection animale disparaissent progressivement au profit des solutions prévues par le nouveau cadre légal. L’écart entre les ambitions affichées et la réalité du terrain sera donc scruté avec attention.

À l’approche du Mondial 2030, le sujet dépasse désormais la seule question de la présence des chiens et chats errants dans les villes marocaines. Il touche à l’image du royaume, appelé à accueillir des millions de visiteurs et à démontrer sa capacité à répondre aux standards internationaux en matière de protection animale.

Avec cette réforme, le Maroc cherche donc à afficher une nouvelle méthode : moins d’actions improvisées, davantage de réglementation et une prise en charge organisée. Reste maintenant à savoir si les moyens humains, financiers et logistiques suivront les ambitions de la loi. C’est sur le terrain, bien plus que dans les textes, que se jouera la crédibilité de cette nouvelle politique.

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