
Avec neuf représentants qualifiés pour les seizièmes de finale, l’Afrique nourrissait de grandes ambitions à la Coupe du monde 2026. Mais au terme de ce premier tour à élimination directe, seuls le Maroc et l’Égypte ont validé leur billet pour les huitièmes de finale. Un bilan en demi-teinte, malgré des prestations encourageantes de plusieurs sélections africaines.
Le football africain espérait franchir un nouveau cap à la Coupe du monde 2026. Grâce au passage du tournoi de 32 à 48 équipes, le continent disposait pour la première fois de dix places qualificatives. À l’issue de la phase de groupes, neuf sélections avaient réussi à atteindre les seizièmes de finale, un chiffre inédit qui laissait entrevoir la possibilité d’une présence africaine renforcée au tour suivant.
Seule la Tunisie a échoué dès le premier tour. Les Aigles de Carthage ont vécu un tournoi particulièrement difficile, marqué par une série de contre-performances sportives, un changement d’entraîneur en pleine compétition, des tensions internes et une affaire de contrôles antidopage liés à une présumée contamination alimentaire au clenbutérol.
Malgré cette qualification massive, le bilan des seizièmes de finale s’est finalement révélé bien moins favorable qu’espéré. Sur les neuf équipes engagées, seules deux ont réussi à poursuivre l’aventure.
Le Maroc a signé l’une des plus belles performances du continent en éliminant les Pays-Bas à l’issue de la séance des tirs au but (1-1, 3-2 t.a.b.). Les Lions de l’Atlas poursuivent ainsi leur remarquable dynamique sur la scène mondiale et abordent leur huitième de finale face au Canada avec de réelles ambitions de qualification pour les quarts de finale.
L’Égypte a également dû passer par les tirs au but pour se défaire de l’Australie (1-1, 4-2 t.a.b.). Portés par leur capitaine Mohamed Salah, les Pharaons restent en lice, même si le défi qui les attend face à l’Argentine s’annonce particulièrement relevé.
Pour les autres représentants africains, l’aventure s’est arrêtée en seizièmes de finale, souvent après des rencontres disputées.
La Côte d’Ivoire peut nourrir de sérieux regrets. Dominateurs par séquences face à la Norvège, les Éléphants ont finalement cédé en fin de rencontre sur une réalisation d’Erling Haaland (1-2), malgré une prestation jugée convaincante.
La République démocratique du Congo est également passée tout près de l’exploit contre l’Angleterre. Les Léopards ont longtemps résisté avant de s’incliner sur un doublé d’Harry Kane (1-2), laissant l’impression d’avoir rivalisé avec l’une des grandes nations du tournoi.
Le Sénégal, de son côté, a vécu un scénario particulièrement cruel. Les Lions de la Teranga menaient encore de deux buts à quelques minutes du terme avant de voir leur adversaire revenir au score. Un penalty concédé dans les derniers instants de la prolongation a finalement scellé leur élimination (2-3), au terme d’un match riche en rebondissements.
L’Afrique du Sud, malgré une campagne jusque-là discrète, a opposé une belle résistance au Canada avant de s’incliner dans les dernières minutes (0-1).
L’Algérie et le Ghana n’ont, en revanche, jamais réellement trouvé les ressources nécessaires pour inquiéter respectivement la Suisse (0-2) et la Colombie (0-1), quittant la compétition avec des regrets.
Enfin, le Cap-Vert a marqué les esprits malgré son élimination. Opposés à l’Argentine, les Requins Bleus ont livré une prestation de haut niveau, poussant les champions du monde jusqu’en prolongation avant de céder (2-3 a.p.). Une performance saluée par de nombreux observateurs comme l’une des surprises les plus marquantes de ce tour.
Au final, avec seulement deux qualifiés sur neuf engagés, le rendement africain en seizièmes de finale reste inférieur aux attentes suscitées après la phase de groupes. Toutefois, au-delà des résultats, plusieurs sélections ont démontré une réelle progression dans le jeu et la compétitivité. Les parcours du Maroc, de l’Égypte, mais aussi les prestations de la RDC, du Cap-Vert, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal illustrent les progrès du football africain, même si le continent devra encore patienter avant de transformer ce potentiel en présence massive dans les derniers tours d’une Coupe du monde.