À l’approche de l’Assemblée générale extraordinaire et élective de la Fédération Guinéenne de Football (FEGUIFOOT), fixée au mardi 27 octobre 2026 à Conakry, la course pour le contrôle du sport roi guinéen entre dans sa phase ultime. Quatre listes de candidats, officiellement et définitivement validées par la commission électorale de recours, s’apprêtent à s’affronter dans les urnes pour succéder à l’équipe sortante. Soumis à un mode de scrutin à la majorité relative, ce rendez-vous électoral représente un tournant historique pour sortir le football guinéen d’une crise managériale et structurelle persistante depuis des années.
- Mamadou Antonio Souaré : Le retour de l’ancien président
Ancien dirigeant de la fédération et figure emblématique du Horoya AC, il brigue un nouveau mandat.
Le programme : Intitulé « un football uni, structuré, performant et conquérant », son projet de mandat 2026-2030 repose sur la stabilité fédérale, la modernisation du football d’élite et le renforcement du poids de la Guinée à l’international.
Les atouts : Son immense expérience de la gouvernance sportive, sa fortune personnelle investie de longue date dans le football national et sa forte notoriété internationale.
Les limites : Son nom reste historiquement associé aux querelles de clans et aux crises institutionnelles passées, ce qui pourrait freiner les partisans d’un renouvellement complet. - Mamady Doumbouya : Le visage du management managérial
Actuel Directeur Général de l’ARPT, il mène la liste réformatrice « Rénovons le Foot 224 » (RF224).
Le programme : Porté par un plan d’action des 100 jours, il propose un audit institutionnel public, la numérisation complète des licences de clubs et une transparence financière totale via des outils numériques de gestion.
Les atouts : Son profil d’entrepreneur performant entouré de chefs d’entreprise reconnus, combiné à des parrainages de poids lourds comme le Hafia FC et le Milo FC. Sa maîtrise des rouages administratifs facilite l’appui financier de l’État.
Les limites : Son ancrage traditionnel plus récent dans les arcanes du football de masse, ce qui l’oblige à prouver sa sensibilité aux réalités des divisions inférieures. - Dr Ibrahima Kalil Kaba : L’alternative institutionnelle
Ancien ministre de la République et président du Karfamoriah FC, il incarne une voie de consensus.
Le programme : Axé sur la refonte des textes statutaires, la moralisation de la gestion du football et la formation continue des cadres et des jeunes footballeurs à la base.
Les atouts : Un profil d’intellectuel respecté, un fort réseau diplomatique et une connaissance directe des réalités du football de l’intérieur du pays.
Les limites : Une force de frappe financière et un réseau de parrainages corporate plus discrets que ses principaux concurrents directs. - Mohamed Chérif Haïdara : L’outsider pragmatique
Directeur Général de SMC Voyage, il se positionne en dehors du sérail traditionnel.
Le programme : Un projet orienté vers le marketing sportif, l’autonomie financière de la fédération et l’allègement des coûts logistiques et de transport pour les clubs professionnels.
Les atouts : Une vision neuve, totalement épargnée par les vieux conflits internes de la FEGUIFOOT, et des compétences reconnues en gestion logistique.
Les limites : Un net déficit de notoriété auprès des grands électeurs et un manque d’expérience directe dans les instances de la gouvernance fédérale.
Par ailleurs, l’issue du scrutin dépend exclusivement des 53 membres statutaires habilités à voter, représentant la diversité du football guinéen. Les 53 voix se répartissent ainsi : clubs de Ligue 1 : 14 voix ; Clubs de Ligue 2 : 14 voix ; Clubs de la Ligue Amateur (Division Nationale) : 15 voix ; Groupements et associations affiliés : 10 voix, incluant les représentants du football féminin, des arbitres, des entraîneurs, de la médecine sportive et du futsal.
Le mode de scrutin : L’élection se joue à la majorité relative. Contrairement aux scrutins nécessitant une majorité absolue au premier tour, le candidat qui obtient le plus grand nombre de voix parmi les 53 votants l’emporte immédiatement, sans nécessité de second tour. Dans une configuration à 4 listes, le vainqueur pourrait techniquement s’imposer avec un socle minimal d’une quinzaine de voix.
La validation des critères d’éligibilité : Conformément au Code électoral de la FEGUIFOOT, chaque tête de liste a dû satisfaire à des exigences de moralité (casier judiciaire vierge), d’ancrage sportif (justifier d’un rôle actif dans le football sur plusieurs années récentes) et de parrainage réglementaire.
Ibrahima Soya