
À neuf mois du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations 2027, prévue du 19 juin au 18 juillet au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, les inquiétudes montent d’un cran. Après une nouvelle tournée d’inspection, le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe, a évoqué une « urgence majeure », alors que plusieurs infrastructures accusent encore des retards importants. Officiellement, la CAF maintient toutefois sa confiance dans les trois pays et assure ne travailler sur aucun scénario alternatif.
La CAN 2027 entre dans une phase décisive. Pour la première fois, la compétition continentale sera organisée conjointement par trois pays d’Afrique de l’Est, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, avec 28 sélections attendues entre le 19 juin et le 18 juillet 2027. Mais à moins d’un an de l’échéance, l’avancement des préparatifs suscite de sérieuses interrogations au sein de la Confédération africaine de football.
En déplacement en Tanzanie, puis attendu au Kenya et en Ouganda, Patrice Motsepe n’a pas occulté les difficultés rencontrées sur certains chantiers. À l’issue de sa visite en Tanzanie, le président de la CAF a reconnu que la situation était désormais urgente et appelé à accélérer les travaux. Le dirigeant africain a néanmoins voulu maintenir une ligne de confiance envers les autorités des trois pays.
« Nous allons travailler très dur en Tanzanie », a-t-il notamment déclaré, annonçant qu’il porterait le même message au Kenya et en Ouganda. Pour la CAF, l’objectif est désormais de concentrer les efforts sur les secteurs où les préparatifs accusent le plus de retard et de travailler avec les comités locaux afin de remettre le calendrier sur les rails.
Des infrastructures encore loin des standards de la CAF
Les difficultés concernent notamment les infrastructures sportives. Un premier rapport d’inspection réalisé en avril avait déjà relevé plusieurs insuffisances dans les installations destinées à accueillir la compétition.
Le cas de l’Ouganda apparaît particulièrement sensible. Plusieurs stades inspectés dans le pays ne satisfaisaient pas encore aux exigences correspondant à la catégorie 4 de la CAF, le niveau de référence requis pour accueillir les rencontres de la compétition.
À Hoima, dans l’ouest du pays, les autorités ont pourtant investi dans la construction d’un nouveau stade d’une capacité de 20 000 places, pour un coût annoncé d’environ 130 millions de dollars. Mais l’enceinte présenterait encore des insuffisances concernant notamment les espaces réservés aux médias et les vestiaires des joueurs.
À Kampala, le Nelson Mandela Stadium, qui doit constituer l’une des principales enceintes de la CAN, doit également faire l’objet de travaux de rénovation. Avec ses quelque 45 000 places, le stade représente un élément central du dispositif ougandais, mais son niveau de préparation reste une source d’attention particulière pour les inspecteurs de la CAF.

La deuxième inspection sera déterminante
Une nouvelle mission d’évaluation de la CAF est programmée en janvier 2027. Cette échéance pourrait constituer un rendez-vous majeur pour mesurer concrètement les progrès réalisés dans les trois pays.
Dans les rangs de l’instance africaine, certains responsables estiment d’ailleurs qu’il ne faudrait pas attendre cette deuxième inspection pour corriger les insuffisances identifiées. Des sources citées par plusieurs médias appellent à des mesures rapides afin d’éviter que les retards accumulés ne deviennent difficiles à rattraper.
Cette situation alimente également les spéculations sur l’existence éventuelle d’une solution de repli. Selon plusieurs informations de presse, la CAF aurait pris des renseignements auprès d’autres pays susceptibles d’accueillir la compétition en cas de défaillance du dispositif actuel.
L’Égypte, qui doit accueillir la CAN 2028 et dispose déjà d’un important parc d’infrastructures sportives, est notamment évoquée comme une éventuelle option en cas d’urgence. Cette hypothèse n’est toutefois pas présentée officiellement comme un scénario retenu par la CAF.
La CAF maintient officiellement le cap
Malgré les inquiétudes, l’instance dirigeante du football africain continue de soutenir le projet est-africain. Lors de précédentes déclarations, Patrice Motsepe avait assuré qu’il n’existait « ni plan B, ni plan C » pour la CAN 2027, confirmant que le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie demeuraient les pays hôtes de référence.
Le discours de la CAF oscille donc désormais entre confiance dans la capacité des organisateurs à rattraper leur retard et pression accrue sur les autorités locales. À neuf mois de la compétition, le temps disponible pour achever les infrastructures, procéder aux tests et répondre à l’ensemble des exigences techniques se réduit considérablement.
La prochaine inspection de janvier devrait ainsi permettre de déterminer si les engagements pris après la tournée de Patrice Motsepe se sont traduits par des avancées suffisamment importantes. D’ici là, la CAF entend maintenir la pression sur les trois pays organisateurs tout en évitant, officiellement, de remettre en cause leur capacité à accueillir la CAN 2027.