
Quitter Goma à vélo avec pour horizon Rabat. L’image pourrait prêter à sourire si elle ne portait pas une charge symbolique aussi forte. Derrière ce défi hors normes, il y a Miguel Masaisai, un cycliste congolais qui a décidé de transformer un simple vélo en porte-voix pour la paix en République démocratique du Congo.
Le 1er mai, il a quitté la capitale du Nord-Kivu avec un objectif de parcourir près de 14 000 kilomètres à travers 17 pays africains pour rappeler que son pays ne se résume pas aux images de guerre qui font le tour du monde. Pour Masaisai, chaque coup de pédale est une réponse à la violence, une manière de montrer que l’espoir peut aussi prendre la route.
Avant son départ, il confiait que la souffrance vécue dans l’Est du Congo était devenue sa principale source de motivation. Ce périple, explique-t-il, est une manière de représenter dignement son pays, de prouver que malgré les conflits, les Congolais restent capables d’initiatives porteuses de sens.
Ce n’est pas la première fois que le cycliste s’engage dans une telle aventure. En 2025 déjà, il avait relié Goma à Cape Town, en Afrique du Sud, toujours pour la même cause. Une performance qui lui avait valu l’admiration de nombreux jeunes dans sa ville natale. Au moment du départ, plusieurs habitants sont venus l’encourager. Parmi eux, Samson Mpiana, conducteur de taxi-moto, impressionné par la détermination du sportif. Pour lui, ce geste dépasse le simple exploit physique. Il incarne un acte citoyen, un message d’unité lancé depuis une région meurtrie.
Sur les routes africaines, Miguel Masaisai roule avec un objectif de rappeler que parfois, un vélo peut devenir un instrument de paix.