CAN : la CAF renonce à la réforme et confirme le maintien du tournoi tous les deux ans

Le projet d’organiser la Coupe d’Afrique des nations (CAN) tous les quatre ans est finalement abandonné. Après plusieurs mois de réflexion autour d’une nouvelle formule, la Confédération africaine de football (CAF) a décidé de conserver le rythme biennal de sa principale compétition. Réuni le jeudi 29 octobre 2026, le Comité exécutif de l’instance a entériné cette orientation à l’unanimité. Une décision qui rebat les cartes de la réforme du calendrier continental et remet au centre des discussions les enjeux économiques, sportifs et institutionnels du football africain.

Le football africain conservera l’un de ses rendez-vous les plus emblématiques selon son calendrier traditionnel. La Coupe d’Afrique des nations continuera de se disputer tous les deux ans, contrairement à l’hypothèse d’un passage à une périodicité quadriennale qui avait été évoquée par la Confédération africaine de football ces derniers mois.

La décision a été prise le jeudi 29 octobre 2026 à l’issue d’une réunion du Comité exécutif de la CAF. Les membres de cette instance ont opté à l’unanimité pour le maintien de la formule actuelle, mettant ainsi un terme aux spéculations autour d’une transformation majeure du format temporel de la compétition.

Ce choix marque une inflexion dans les orientations défendues par le président de la CAF, Patrice Motsepe. L’idée d’organiser la CAN tous les quatre ans avait notamment été présentée comme un moyen de réorganiser les compétitions continentales, de rationaliser le calendrier international et de donner davantage de visibilité aux autres rendez-vous du football africain.

Les contraintes financières au cœur du rétropédalage

Parmi les pistes envisagées figurait la création d’une Ligue des nations africaine. Cette compétition devait contribuer à dynamiser les confrontations entre sélections nationales en dehors des phases finales de la CAN et offrir une nouvelle vitrine au football du continent.

Cependant, la mise en place d’un tel dispositif nécessitait un modèle économique suffisamment solide pour garantir sa pérennité. Les recettes générées par cette nouvelle compétition auraient demandé plusieurs années avant d’atteindre un niveau susceptible de compenser les ressources financières associées à l’organisation régulière de la CAN.

Or, la Coupe d’Afrique des nations constitue une source importante de revenus pour la CAF, notamment à travers les droits de diffusion, les partenariats commerciaux et les contrats de sponsoring. Elle représente également un levier économique pour les fédérations nationales, dont les activités dépendent en partie des ressources redistribuées par l’instance continentale.

Dans ce contexte, maintenir une CAN tous les deux ans apparaît comme une manière de préserver la régularité des revenus et la capacité de financement des différentes structures du football africain. La décision concerne ainsi bien plus que le calendrier d’un tournoi : elle touche directement à l’équilibre économique de l’écosystème footballistique continental.

Patrice Motsepe revoit les ambitions de réforme

Ce changement d’orientation intervient après les déclarations de Patrice Motsepe au début du mois d’octobre, lors d’une rencontre stratégique au Cap-Vert. Le président de la CAF avait alors laissé entendre qu’une nouvelle réflexion était engagée sur la périodicité de la compétition, ouvrant la possibilité d’un réexamen du projet initial.

Le maintien du cycle biennal traduit donc une volonté de tenir compte des réalités économiques et des intérêts des différentes associations membres. Pour les 54 fédérations affiliées à la CAF, la CAN demeure un rendez-vous majeur, aussi bien sur le plan sportif que dans la mobilisation des ressources financières et la promotion du football national.

Cette décision témoigne également de la difficulté à concilier les ambitions de modernisation du football africain avec les contraintes d’un calendrier international de plus en plus chargé.

Un calendrier continental réaménagé

Le maintien de la CAN tous les deux ans ne signifie pas pour autant que les prochaines éditions se succéderont systématiquement à intervalles réguliers de vingt-quatre mois. Selon le calendrier annoncé, la prochaine édition sera organisée en 2027 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. Elle sera suivie d’une autre compétition en 2028, puis de rendez-vous programmés en 2031 et 2033.

L’espacement entre certaines éditions répond notamment à la nécessité de mieux articuler les compétitions africaines avec les grandes échéances du football mondial. Le décalage prévu entre 2028 et 2031 doit notamment tenir compte de la Coupe du monde 2030, afin de limiter les chevauchements et les difficultés de programmation. La CAF entend ainsi préserver la place centrale de sa compétition phare tout en recherchant une meilleure coordination avec les exigences du calendrier international.

Le football africain face à ses propres contradictions

Au-delà de cette décision, le débat sur la périodicité de la CAN met en évidence plusieurs défis auxquels le football africain reste confronté. D’un côté, les joueurs évoluant dans les grands championnats étrangers sont régulièrement sollicités par leurs clubs et leurs sélections nationales. De l’autre, les fédérations africaines ont besoin de compétitions régulières pour développer leurs programmes sportifs et consolider leurs ressources.

Un passage à une CAN tous les quatre ans aurait pu offrir davantage d’espace à d’autres compétitions continentales, mais aurait également modifié les habitudes des supporters et les mécanismes économiques construits autour du tournoi.

À l’inverse, le maintien du rythme biennal préserve la fréquence de ce grand rendez-vous, tout en laissant entière la question de la surcharge du calendrier et de la disponibilité des joueurs internationaux.

En définitive, le choix de la CAF confirme que la réforme du football africain ne peut se limiter à une simple modification de la périodicité de la CAN. Elle suppose de trouver un équilibre entre les intérêts des sélections nationales, les impératifs des clubs, les attentes des supporters et la viabilité financière des compétitions.

Pour l’heure, la Coupe d’Afrique des nations conserve son rythme historique. Reste désormais à savoir comment la CAF entend faire évoluer les autres compétitions afin de moderniser son calendrier sans remettre en cause la place particulière qu’occupe la CAN dans le paysage sportif africain.

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