
À moins de quatre ans de la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal, le Royaume chérifien poursuit la préparation du rendez-vous à travers des mesures fiscales destinées à accompagner l’événement. Le projet de loi de finances 2027 prévoit notamment d’élargir certains avantages fiscaux aux activités liées à la compétition et aux acteurs concernés. Au-delà de la FIFA, ce dispositif pourrait également bénéficier à la Confédération africaine de football (CAF) et aux fédérations nationales dont les sélections décrocheront leur qualification, sous réserve de l’adoption définitive du texte et du respect des conditions prévues.
Le Maroc prépare le terrain fiscal pour le Mondial 2030
Le Maroc franchit une nouvelle étape dans les préparatifs de la Coupe du monde 2030. Désigné comme pays hôte aux côtés de l’Espagne et du Portugal, le Royaume prévoit d’adapter son environnement fiscal afin de faciliter l’organisation de cette compétition planétaire et les opérations qui lui seront associées.
Le projet de loi de finances (PLF) 2027 présenté par le gouvernement marocain propose ainsi un régime fiscal spécifique destiné aux activités liées à la FIFA et au Mondial 2030. Cette orientation s’inscrit dans la continuité des dispositions particulières dont bénéficient, depuis 2025, les représentations de l’instance mondiale du football installées au Maroc.
La nouveauté réside dans l’élargissement envisagé du périmètre de ces mesures. L’objectif est de prendre en compte un ensemble plus vaste d’opérations et d’acteurs mobilisés autour de la compétition, au-delà des seules structures directement rattachées à la FIFA.
Cette démarche illustre l’importance accordée par les autorités marocaines aux dimensions administratives, financières et organisationnelles de l’événement. Car accueillir une Coupe du monde ne se limite pas à la mise à disposition de stades : cela suppose également un cadre réglementaire adapté aux exigences d’une manifestation réunissant des fédérations, des joueurs, des partenaires et des prestataires venus du monde entier.
Les fédérations africaines également concernées
L’un des aspects importants du dispositif proposé concerne son ouverture aux différentes confédérations reconnues par la FIFA. La Confédération africaine de football figure ainsi parmi les organisations susceptibles d’entrer dans le champ des dispositions prévues, aux côtés de l’UEFA, de la CONCACAF, de la CONMEBOL, de l’AFC et de l’OFC.
Pour le football africain, cette perspective présente un intérêt particulier. Les fédérations nationales dont les équipes se qualifieront pour la Coupe du monde 2030 pourraient bénéficier des avantages applicables à leurs activités éligibles, dans les mêmes conditions générales que les autres associations concernées.
Cette approche pourrait contribuer à alléger certaines contraintes financières liées à la participation au tournoi. Elle intéresse notamment les opérations administratives, les activités économiques et les besoins logistiques des délégations, selon les conditions qui seront retenues dans le texte définitif.
Il convient toutefois de distinguer une possibilité juridique d’un avantage automatiquement acquis. La qualification d’une sélection ne signifierait pas, à elle seule, que l’ensemble des revenus, des dépenses ou des opérations de sa fédération seraient exonérés. Le bénéfice du régime dépendra du périmètre précis des dispositions adoptées et de leur application à chaque situation.
Des exonérations et des allègements envisagés
Le projet prévoit plusieurs catégories d’avantages fiscaux susceptibles de faciliter les opérations liées au Mondial 2030. Parmi les mesures annoncées figurent des exonérations d’impôt sur les sociétés, de certaines retenues à la source, de TVA et de droits d’enregistrement, ainsi que des allègements douaniers pour certains équipements sportifs et techniques importés pour les besoins de la compétition.
Ces dispositions visent à adapter le traitement fiscal des activités concernées aux particularités d’un événement international de grande ampleur. Les besoins en matériel, les prestations techniques et les opérations conduites par les organismes impliqués peuvent en effet entraîner des coûts importants.
Pour les fédérations africaines qualifiées, l’intérêt potentiel résiderait notamment dans la prise en compte de certaines opérations directement liées à leur participation au tournoi. Les modalités exactes devront cependant être appréciées au regard du texte finalement adopté et des conditions d’éligibilité applicables. Le dispositif ne doit donc pas être interprété comme une exonération générale accordée à tous les acteurs du football. Son application restera encadrée par les dispositions légales retenues.
Un cadre pensé au-delà de la compétition
La préparation fiscale du Mondial 2030 ne se limite pas aux seules années de déroulement du tournoi. Certaines mesures proposées pourraient rester applicables jusqu’à la fin de l’année 2032, tandis qu’un régime permanent est envisagé pour un Fonds d’héritage à vocation sociale.
Cette perspective traduit la volonté d’inscrire une partie des mécanismes liés à la compétition dans la durée. L’enjeu est de permettre à l’organisation du Mondial de produire des effets qui dépassent le calendrier sportif, notamment à travers des initiatives à caractère social.
Pour le Maroc, la question de l’héritage constitue un volet important de la préparation d’un événement de cette dimension. Au-delà des rencontres, des infrastructures et de l’accueil des délégations, l’ambition est de faire en sorte que les efforts engagés puissent également servir des objectifs durables. Les modalités précises de fonctionnement du fonds et les conditions d’application des dispositions correspondantes devront néanmoins être appréciées à partir du texte définitif.
Le Maroc, déjà mobilisé autour des compétitions de la FIFA
Cette préparation intervient alors que le Maroc accueille également la Coupe du monde féminine U17 de la FIFA, organisée du 17 octobre au 7 novembre 2026. La compétition rassemble 24 sélections et prévoit 52 rencontres dans un format centralisé, avec des installations dédiées au football féminin et des espaces d’animation autour de l’événement.
Ce tournoi et le régime fiscal envisagé pour le Mondial 2030 relèvent de cadres distincts. Les mesures proposées dans le PLF 2027 ne constituent donc pas, en elles-mêmes, le régime fiscal applicable à la compétition féminine actuellement disputée.
Leur rapprochement permet néanmoins de souligner les différentes dimensions de la présence du Maroc dans l’organisation du football international : accueil des compétitions, préparation des infrastructures et adaptation des dispositifs administratifs et réglementaires aux exigences des événements sportifs. La Coupe du monde 2030 représente, à cet égard, un défi d’une tout autre ampleur, compte tenu de son organisation conjointe entre trois pays et de la mobilisation qu’elle nécessitera.
Une réforme encore soumise au processus législatif
Malgré les perspectives ouvertes par le projet de loi de finances 2027, le dispositif fiscal n’est pas encore définitivement acquis. Le texte doit poursuivre son parcours parlementaire avant son adoption définitive. Son contenu final déterminera les bénéficiaires concernés, la portée des exonérations et les conditions précises de leur application.
Pour les fédérations africaines, il faudra donc attendre la confirmation des dispositions retenues afin de mesurer concrètement les avantages susceptibles d’accompagner une qualification au Mondial 2030.
En préparant ce cadre, le Maroc entend intégrer la dimension fiscale à son dispositif d’accueil de la compétition. Pour le football africain, l’élargissement envisagé aux différentes confédérations pourrait représenter une opportunité, à condition que les mesures annoncées soient effectivement adoptées et que les opérations concernées répondent aux critères prévus.
À l’horizon 2030, la réussite de cette préparation se jouera ainsi sur plusieurs terrains : sportif, logistique, économique et juridique. Autant de chantiers qui détermineront les conditions dans lesquelles le Maroc accueillera le monde du football et accompagnera les fédérations appelées à prendre part à la compétition.