
Le football guinéen ouvre un nouveau chapitre avec l’élection de Mamady Doumbouya à la présidence de la Fédération guinéenne de football (FEGUIFOOT), le mardi 27 octobre 2026. À seulement 34 ans, il devient le plus jeune dirigeant à occuper cette fonction, avec la lourde responsabilité de redynamiser un football en quête de stabilité et de résultats. Élu pour un mandat de quatre ans, le nouveau patron du football guinéen mise sur la transparence, le rassemblement des acteurs et la modernisation de la fédération, tout en affichant un objectif ambitieux : ramener la Coupe d’Afrique des nations en Guinée à l’horizon 2032 ou 2036.
Mamady Doumbouya, un nouveau visage à la tête de la FEGUIFOOT
Après quatre mois de transition, la Fédération guinéenne de football tient désormais son nouveau président. Élu le 27 octobre 2026, Mamady Doumbouya prend les rênes de l’instance dirigeante du football national dans un contexte où les attentes sont nombreuses autour du redressement du sport roi en Guinée.
À 34 ans, le dirigeant incarne un renouvellement générationnel à la tête de la fédération. Son arrivée ouvre une nouvelle séquence pour le football guinéen, qui cherche à retrouver une dynamique positive, aussi bien dans l’organisation de ses compétitions que dans l’accompagnement des clubs et le développement de ses talents.
Attention toutefois à ne pas le confondre avec Mamadi Doumbouya, président de la République de Guinée. Malgré la proximité des noms, il s’agit de deux personnalités distinctes.
Dès son premier discours, le nouveau président de la FEGUIFOOT a affiché sa volonté de rompre avec les divisions qui ont marqué la vie du football national. Son message se veut rassembleur, avec l’ambition de fédérer les dirigeants, les clubs, les joueurs et les autres acteurs autour d’un projet commun.
Tourner la page des divisions et rétablir la confiance
Pour Mamady Doumbouya, la reconstruction du football guinéen passe d’abord par l’unité. Au lendemain de son élection, il a appelé les différentes composantes du milieu sportif à dépasser les rivalités afin de privilégier l’intérêt collectif.
« Désormais, il n’y a plus de camp, ni de vainqueurs, ni de vaincus ; il n’y a qu’une seule famille, celle du football guinéen », a-t-il déclaré, affirmant sa volonté de diriger l’institution sans exclusion ni favoritisme.
Cette volonté de rassemblement constitue l’un des premiers défis de son mandat. Dans un environnement où la confiance entre les acteurs est essentielle au fonctionnement des instances sportives, le nouveau président devra traduire ses déclarations en actes et instaurer un cadre de travail favorable à la collaboration.
L’enjeu est de créer les conditions d’une gouvernance plus stable, capable de porter une vision durable pour les différentes catégories du football guinéen.
Transparence et rigueur : les premiers chantiers du mandat
Sur le plan administratif et financier, Mamady Doumbouya annonce un examen approfondi du fonctionnement de la fédération. Cet état des lieux devra permettre de mieux cerner la situation de l’institution et d’identifier les priorités à traiter. Selon ses engagements, les conclusions de cette démarche seront rendues publiques.
Le nouveau dirigeant promet également de revoir l’accompagnement des clubs à travers un système de subventions transparent, équitable et régulier. Une orientation importante pour les équipes locales, dont le fonctionnement dépend notamment de leur capacité à mobiliser des ressources suffisantes pour organiser les entraînements, participer aux compétitions et former les joueurs.
La formation, le développement des compétitions et la promotion du football féminin figurent aussi parmi les axes annoncés. Autant de domaines qui nécessitent une planification cohérente et des moyens adaptés pour produire des résultats durables.
Conscient de l’importance de la redevabilité dans la gestion d’une institution sportive, Mamady Doumbouya s’est engagé à présenter un premier bilan après ses cent premiers jours à la tête de la FEGUIFOOT. Un rendez-vous qui permettra d’apprécier les premières mesures engagées et leur niveau de mise en œuvre.
Du football de quartier au Syli national : bâtir une véritable filière
Au-delà de la gestion de la fédération, le nouveau président entend renforcer les liens entre le football de proximité, les clubs et la sélection nationale, le Syli. Cette ambition vise à mieux structurer le parcours des jeunes talents, depuis leurs premières expériences sur les terrains de quartier jusqu’aux équipes de haut niveau.
Pour y parvenir, le développement de la formation apparaît comme un levier essentiel. La progression du football guinéen dépend notamment de la qualité de l’encadrement technique, de la régularité des compétitions et de la capacité des clubs à offrir aux jeunes joueurs un environnement propice à leur évolution.
La consolidation du football féminin constitue également un chantier important. Son développement suppose une attention particulière à la formation, à l’organisation des compétitions et aux moyens mis à la disposition des équipes.
En plaçant ces différents secteurs parmi ses priorités, Mamady Doumbouya affiche une ambition qui dépasse les seuls résultats immédiats du Syli national : construire une base plus solide pour l’ensemble du football guinéen.
La CAN 2032 ou 2036 dans le viseur
Parmi les ambitions annoncées par le nouveau président figure l’organisation d’une Coupe d’Afrique des nations en Guinée, à l’horizon 2032 ou 2036. Un projet qui pourrait constituer un moteur de développement pour le football national, mais qui nécessiterait une préparation importante sur les plans sportif, organisationnel et infrastructurel.
L’accueil d’une compétition continentale de cette envergure implique en effet des installations adaptées, des capacités d’hébergement suffisantes, des infrastructures de transport fonctionnelles et une organisation répondant aux exigences de la Confédération africaine de football (CAF).
Pour l’heure, cette perspective relève de l’ambition affichée par le dirigeant et ne constitue pas une attribution officielle de la compétition à la Guinée. Sa concrétisation dépendra notamment de la préparation du dossier national et des décisions des instances compétentes.
Mamady Doumbouya n’a d’ailleurs pas promis de trophée ni garanti que la Guinée obtiendrait l’organisation de la CAN. Il a plutôt insisté sur la nécessité de travailler avec méthode et de rendre compte des actions entreprises.
« Je vous promets du travail, de la méthode, de la rigueur et des résultats dont nous rendrons compte », a-t-il assuré.
Quatre ans pour transformer les ambitions en résultats
Élu pour quatre ans, Mamady Doumbouya entame son mandat avec plusieurs dossiers prioritaires : restaurer la confiance, améliorer la gestion de la fédération, soutenir les clubs et renforcer les structures de formation. À ces chantiers s’ajoute l’ambition de positionner la Guinée parmi les pays capables d’accueillir une grande compétition africaine.
Son principal défi sera désormais de convertir les engagements annoncés en mesures concrètes et en avancées mesurables. Les cent premiers jours constitueront une première étape pour évaluer sa méthode et les orientations retenues.
À 34 ans, le plus jeune président de l’histoire de la FEGUIFOOT, selon les éléments communiqués lors de son élection, dispose de quatre années pour imprimer sa marque. Le football guinéen attend désormais des actes à la hauteur des promesses, avec l’espoir de voir émerger une fédération plus transparente, des clubs mieux accompagnés et un Syli porté par un football national mieux structuré.
Le changement de dirigeant ouvre ainsi une nouvelle page. Sa portée réelle se mesurera à la capacité de Mamady Doumbouya à réunir les acteurs du secteur et à inscrire le développement du football guinéen dans la durée.