Valentine Nguele : « j’ai connu les humiliations, mais je me suis construite pendant 16 ans »

La sélectionneure des Lionnes Indomptables, Valentine Nguele, s’est exprimé au micro d’Afrik’Sports Magazine après le sacre continental pour revenir sur les 16 années de travail qui ont façonné son parcours. Dix fois championne du Cameroun, dont huit titres avec Louves Minproff et deux avec le FC Ebolowa, la technicienne raconte les sacrifices, les périodes difficiles et les « tempêtes » traversées avant d’atteindre le sommet. Désormais championne d’Afrique avec les Lionnes, elle revient également sur les clés du sacre, la solidarité du staff et le travail réalisé pour venir à bout du Malawi.

Vous êtes désormais championne d’Afrique avec les Lionnes Indomptables. Quel a été le secret de ce sacre ?

Le travail. Vous savez, nous avons pris en main un groupe en pleine reconstruction et il fallait donc bien le préparer. Le staff technique était en place et surtout solidaire. Nous avons travaillé main dans la main pour permettre aux joueuses de réaliser de bonnes performances. Je pense que c’est cet état d’esprit qui nous a conduits jusqu’au sacre.

Pour ceux qui connaissent moins votre parcours, quelles sont les étapes qui vous ont permis d’atteindre ce niveau ?

Le football est une véritable passion pour moi. J’aime les moments que je passe chaque jour sur le terrain. Mon style est participatif et impliqué. Pour ceux qui connaissent mon parcours, ils savent que j’ai beaucoup travaillé dans l’ombre. Cela fait 16 ans que je travaille sur le terrain et j’ai remporté dix fois le Championnat du Cameroun, dont huit fois avec Louves Minproff et deux fois avec le FC Ebolowa. J’ai toujours travaillé avec le même staff, qui m’accompagne encore aujourd’hui au FC Ebolowa. J’ai longuement travaillé, j’ai persévéré et surtout, j’ai été patiente.

J’ai enduré tout ce que je pouvais endurer. J’appelle toujours cela les « tempêtes ». Je me motivais moi-même, même lorsque je savais que c’était très difficile. J’ai connu des humiliations et, à un moment donné, je suis passée par là. Il faut que les gens le sachent, parce que certains pensent que tout est facile. Non, Nguele s’est construite. J’ai pris le temps de me construire. Je suis également passée par les détections. Combien de jeunes ai-je détectés ? Des gardiennes, des joueuses de champ… J’en ai accompagné et formé plusieurs. Tout cela fait partie de mon parcours.

Comment se passe votre travail en sélection avec vos différents collaborateurs ?

Aujourd’hui, j’ai eu la chance d’être encadrée par de grands entraîneurs, notamment Dimitri Lipoff, Philippe, Frédéric et Eddy. Nous avons une très bonne collaboration et c’est un véritable plaisir de travailler ensemble. Je pense également que Dieu a béni cette collaboration. Il y a la main de Dieu dans tout cela.

Peut-on considérer cette belle collaboration comme l’une des clés de cette page historique du football féminin camerounais ?

Bien sûr. Cette très bonne collaboration partait de la tête, c’est-à-dire du président Samuel Eto’o, jusqu’aux encadreurs que nous sommes, en passant par les joueuses et l’ensemble du staff. Nous étions très solidaires et déterminés à réaliser quelque chose. Nous avions tous le même objectif et nous avons travaillé dans le même sens. Et Dieu a béni cela.

Comment avez-vous abordé la finale face au Malawi ?

Nous connaissions déjà un peu l’équipe du Malawi, notamment parce qu’elle comptait les sœurs Chawinga, qui vont très vite devant. Nous avons donc élaboré un plan spécifique pour elles et nous avions également notre propre stratégie pour gagner. C’était une confrontation entre la meilleure attaque et la meilleure défense, et notre plan a fonctionné.

Quel message adressez-vous à celles et ceux qui vous considèrent aujourd’hui comme un modèle ?

Je leur demande de travailler et d’attendre le bon moment, parce que la patience finit toujours par payer. Ils sont nombreux à m’avoir soutenue tout au long de mon parcours et je leur dis merci. Tout le peuple camerounais attendait ce trophée. Je me rappelle qu’en 2004, lorsque je jouais encore, le Nigeria nous avait battues 5-0. Alors, aujourd’hui, ce trophée représente un véritable soulagement.

Propos receuillis par Gaëlle Stéphanie Menga

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