Fédération ivoirienne de football : de discrètes négociations pour éviter un duel entre Yacine Idriss Diallo et Malick Tohé

À quelques semaines de l’élection du président de la Fédération ivoirienne de football (FIF), prévue le 12 septembre, les tractations se multiplient en coulisses. Alors que le président sortant, Yacine Idriss Diallo, brigue un nouveau mandat, plusieurs membres du gouvernement ivoirien tenteraient de convaincre le premier vice-président de l’instance, Malick Tohé, de renoncer à une candidature qui pourrait rebattre les cartes d’un scrutin déjà très attendu.

La bataille pour la présidence de la Fédération ivoirienne de football (FIF) s’annonce plus intense qu’il n’y paraît. Si, publiquement, la campagne électorale reste relativement discrète, les discussions se poursuivent activement en coulisses afin d’influencer l’issue du scrutin du 12 septembre prochain.

À ce jour, deux candidats ont officiellement déclaré leur intention de briguer la présidence de l’instance dirigeante du football ivoirien. Il s’agit du président sortant, Yacine Idriss Diallo, qui ambitionne de poursuivre les réformes engagées au cours de son premier mandat, et de Souleymane Cissé, président du Racing Club d’Abidjan, qui souhaite incarner une alternative à la gouvernance actuelle.

Toutefois, un troisième acteur occupe le centre des attentions. Premier vice-président de la FIF, Malick Tohé nourrit lui aussi des ambitions pour la présidence. Soutenu par plusieurs dirigeants de clubs, qui constituent le corps électoral appelé à désigner le futur président, il est considéré comme un candidat capable de bouleverser les équilibres du scrutin.

Selon plusieurs informations concordantes, des initiatives de médiation auraient été engagées afin d’éviter une confrontation directe entre les deux dirigeants. Quatre membres du gouvernement ivoirien seraient impliqués dans ces discussions : Mamadou Touré, ministre de la Promotion de la Jeunesse, Adama Dosso, ministre de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Adjé Silas Metch, ministre délégué chargé des Sports et du Cadre de vie, ainsi qu’Anne Désirée Ouloto, ministre d’État chargée de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration.

L’objectif de cette médiation serait de parvenir à un compromis susceptible de préserver l’unité au sein de la fédération. Deux scénarios seraient actuellement évoqués. Le premier consisterait à obtenir de Yacine Idriss Diallo l’engagement de transmettre la présidence de la FIF à Malick Tohé s’il venait, à l’avenir, à accéder à la tête de la Confédération africaine de football (CAF). Le dirigeant ivoirien est en effet cité parmi les personnalités susceptibles de briguer la succession de Patrice Motsepe lorsque le poste sera remis en jeu.

La seconde option, jugée plus réaliste par plusieurs observateurs, prévoirait le maintien de Malick Tohé au poste de premier vice-président, avec une présence renforcée au sein du futur comité exécutif et des responsabilités élargies dans la conduite des affaires de la fédération.

Malgré plusieurs rencontres entre les deux hommes, aucun compromis définitif n’aurait encore été trouvé. Les discussions restent ouvertes et pourraient se poursuivre jusqu’au dépôt officiel des candidatures. Certaines sources évoquent même une possible implication du Premier ministre Robert Beugré Mambé afin de faciliter un accord.

Ce n’est pas la première fois que des médiations interviennent dans le processus électoral de la FIF. Lors de l’élection de 2022, Malick Tohé avait déjà renoncé à présenter sa candidature après des échanges menés notamment par l’ancien Premier ministre Hamed Bakayoko et l’ex-président de la fédération Jacques Anouma. Cette décision avait contribué à clarifier une course particulièrement disputée.

Le scrutin de 2022 reste d’ailleurs l’un des plus serrés de l’histoire récente de la fédération. Yacine Idriss Diallo s’était imposé au second tour avec seulement deux voix d’avance sur Sory Diabaté, tandis que l’ancien capitaine des Éléphants, Didier Drogba, éliminé dès le premier tour, avait choisi de ne soutenir aucun des finalistes.

À l’époque, les enjeux dépassaient largement le cadre du football national. Des démarches avaient été entreprises auprès du président de la République, Alassane Ouattara, par des responsables du football mondial et continental afin de favoriser la candidature de Didier Drogba. Le chef de l’État ivoirien avait toutefois choisi de ne pas intervenir dans le processus électoral, réaffirmant le principe d’autonomie de la fédération.

À quelques semaines du vote, l’incertitude demeure entière. Si aucune entente n’est trouvée entre les différents protagonistes, les électeurs pourraient assister à une compétition ouverte entre plusieurs candidats de poids. Une telle configuration promettrait une élection particulièrement disputée et déterminante pour l’avenir du football ivoirien, dans un contexte où la FIF entend poursuivre sa modernisation et renforcer son influence sur la scène continentale.

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