Il ne s’agit plus d’un simple désaccord électoral. Ce qui se joue aujourd’hui à la Fédération guinéenne de football (Feguifut), relève d’une entreprise méthodique de sabotage institutionnel, menée par des acteurs déjà désavoués par les urnes, les statuts et les autorités compétentes. Et pourtant, ils persistent.
Exclu des dernières élections pour non-respect flagrant des exigences statutaires de la fédération, Pergentino Mba Nguema Alene refuse d’accepter l’évidence : le football équato-guinéen n’est pas une propriété privée que l’on conquiert par la fraude, la falsification et la manipulation.
Incapable de justifier sa qualité de membre, disqualifié pour usage de documents falsifiés, il tente aujourd’hui un retour par la petite porte, au mépris des règles les plus élémentaires de gouvernance sportive. La manœuvre est grossière. Se proclamer « représentant » de membres votants sans aucune procuration notariée, invoquer une fonction inexistante dans les statuts, convoquer une assemblée générale extraordinaire sur du vent juridique : voilà jusqu’où certains sont prêts à aller pour forcer le destin.

Ce n’est plus de l’ambition, c’est une usurpation. Mais derrière ce visage visible se cache un cerveau opérant dans l’ombre : Donaciano Obama Edjang. Suspendu pour huit longues années par le ministère des Sports pour des irrégularités graves, dénoncé auprès de la FIFA, officiellement disqualifié de toute responsabilité, l’homme continue pourtant d’agir comme si la sanction ne le concernait pas. Il rédige, manipule, signe à l’insu des membres, détourne les associations provinciales et s’arroge les prérogatives de la commission électorale. Une défiance ouverte à l’État, à la FIFA et à l’éthique sportive.
Les révélations sur l’achat et la séquestration d’électeurs, portées jusqu’au sommet de l’État par d’autres candidats, achèvent de dresser le tableau : ce système ne vise pas à diriger le football, mais à le prendre en otage. Leur objectif est limpide : installer coûte que coûte un président et un secrétaire général illégitimes. Et si cela échoue ? Alors le chaos. La paralysie. Et, en ultime recours, la suspension de la FEGUIFUT par la FIFA, quitte à sacrifier tout un pays sur l’autel d’ambitions personnelles.
C’est là que la ligne rouge est franchie. Car jouer avec la menace d’une suspension internationale, c’est condamner les clubs, les joueurs, les jeunes, les entraîneurs et toute une génération. C’est priver le football équato-guinéen de compétitions, de financements, de visibilité et d’avenir. C’est un acte de sabotage pur.

Il est donc temps de cesser les demi-mesures. L’heure ne devrait plus être à l’indulgence, mais à la sanction, et à la mesure des actes posés… Inéligibilité définitive. Poursuites judiciaires pour falsification de documents officiels. Neutralisation de tous les réseaux parallèles qui gangrènent la fédération. Le football équato-guinéen mérite mieux que des apprentis putschistes institutionnels. Il mérite des dirigeants légitimes, transparents et respectueux des règles. Tout le reste n’est que forfaiture.
Ayouba Nsangou