
La prochaine Coupe d’Afrique des nations des moins de 17 ans, programmée en avril-mai 2026 au Maroc, ne se disputera pas dans les grands stades habituels. La compétition est annoncée à l’intérieur du complexe de l’Académie Mohammed VI de football, un cadre moderne et réputé pour la formation, mais rarement associé à l’accueil d’un tournoi continental de cette envergure.
Ce parti pris logistique a surpris plus d’un observateur. Le Maroc a bâti, ces dernières années, une réputation solide d’organisateur d’événements sportifs majeurs, en mettant en avant la qualité de ses infrastructures et sa capacité d’accueil. Voir la CAN U17 se replier dans un environnement fermé, loin des grandes enceintes et du public, tranche avec cette image volontiers démonstrative. Officiellement, rien n’indique que ce choix relève d’autre chose qu’une option organisationnelle.
Mais dans les cercles du football africain, la décision alimente des lectures diverses. Certains y voient une volonté de maîtriser totalement l’environnement sportif et sécuritaire autour des jeunes joueurs. D’autres y lisent un signal adressé à la Confédération africaine de football, dans un contexte où les relations entre instances et fédérations sont parfois traversées de tensions feutrées. Le huis clos relatif qu’impose un tel site pose aussi la question de l’ambiance et de la visibilité d’un tournoi censé mettre en lumière les futures générations du football continental. Une CAN U17 sans tribunes pleines, sans ferveur populaire et sans la symbolique des grands stades, change forcément la perception de l’événement.
Reste à savoir si cette configuration servira réellement la compétition et les jeunes talents attendus, ou si elle laissera l’impression d’une CAN disputée en vase clos, loin de l’élan populaire qui accompagne habituellement les grandes messes du football africain.