Sur les terrains du Cameroun, son surnom précède souvent son nom. “Neymar”, comme son idole brésilienne. Mais derrière ce sobriquet flatteur se cache un jeune footballeur camerounais au talent brut et à l’ambition assumée : Ngouyansa Kouotou Hussein, l’un des visages prometteurs de la nouvelle génération.
À seulement quelques saisons de ses premiers pas organisés, Hussein s’est déjà forgé une réputation : celle d’un joueur technique, créatif, audacieux, capable de faire basculer un match sur une inspiration. Ailier percutant, parfois repositionné en milieu offensif, il se distingue par sa qualité de dribble, sa vitesse d’exécution et son goût du jeu spectaculaire.
Une formation itinérante, une passion constante
Comme beaucoup de jeunes talents camerounais, le parcours de Hussein n’a rien de linéaire. Il apprend le football dans plusieurs structures locales, forgeant son jeu au contact de différents styles et exigences. Parmi les clubs qui ont marqué sa progression figurent Milan Air Force, son principal club formateur, mais aussi Espoir du Caire et d’autres équipes locales où il affine sa compréhension du jeu et son mental de compétiteur.
« Hussein n’est pas un joueur qu’on fabrique dans un moule. Il apprend vite, observe beaucoup et s’adapte à tout », explique Jean-Marc Ndzié, ancien encadreur à Milan Air Force.
« Dès les premières séances, on voyait qu’il avait quelque chose de différent : cette capacité à provoquer sans peur. »
Le surnom “Neymar”, entre inspiration et responsabilité
Son surnom, hérité de sa fascination pour la star brésilienne, n’est pas anodin. Hussein assume pleinement cette filiation symbolique : le goût du dribble, le jeu offensif, la créativité. Mais il sait aussi que ce surnom impose une exigence supplémentaire.

« Quand on l’appelle Neymar, certains pensent qu’il ne fait que dribbler. Mais Hussein travaille énormément pour l’équipe », confie Armand Kouassi, ancien coéquipier.
« Il fait les efforts défensifs, il écoute, et surtout il ne triche jamais à l’entraînement. »
Deux rêves, un même maillot dans le cœur
Interrogé sur ses ambitions, Hussein ne détourne pas le regard. Son rêve est double mais limpide : jouer pour l’équipe nationale du Cameroun et évoluer un jour sous les couleurs du FC Barcelone. Le Barça, pour son ADN de jeu, son histoire et les joueurs qu’il a fait rêver enfant.
« Il parle souvent du Barça, mais toujours avec respect. Pour lui, ce n’est pas un fantasme, c’est un objectif », témoigne Abdoulaye Moussa, préparateur physique à Espoir du Caire.
« Et ce qui est intéressant, c’est qu’il sait qu’il faudra passer par beaucoup d’étapes avant. »
Un mental qui séduit les encadreurs
Au-delà du talent, c’est son état d’esprit qui marque ceux qui l’ont côtoyé. Travailleur, discret en dehors du terrain, Hussein fait preuve d’une maturité appréciée par ses formateurs.
« Il accepte la critique, ce qui est rare chez les joueurs créatifs », souligne un ancien entraîneur.
« Quand il rate, il revient le lendemain pour corriger. C’est comme ça qu’on reconnaît les futurs grands. »
Une promesse à polir
Ngouyansa Kouotou Hussein n’est pas encore une star. Et c’est précisément ce qui rend son histoire intéressante. Il incarne cette jeunesse camerounaise talentueuse, encore en construction, mais portée par une foi inébranlable dans le travail et le rêve.
Dans un pays où le football est bien plus qu’un sport, “Neymar” avance avec patience, conscient que chaque entraînement est une marche vers son objectif. Si le chemin reste long, les bases sont là. Et peut-être qu’un jour, du Camp Nou à Yaoundé, son nom ne sera plus seulement un surnom, mais une évidence.