Récemment, le Raja a confié la direction générale de sa société sportive à Nawal El-Aidaoui. Cette dirigeante chevronnée aura pour principale mission la mise en œuvre du nouveau modèle de gouvernance du club, engagé depuis sa transformation en société anonyme, avec pour objectif de renforcer la gestion et l’organisation des activités sportives et commerciales, indique la société. La transformation du Raja devrait aider à encourager les autres clubs africains à suivre cet exemple.
Raja Casablanca ne cesse de grandir. La société sportive Raja S.A. a procédé à la nomination de Nawal El-Aidaoui au poste de Directrice générale, dans le cadre de la transformation du Raja de Casablanca en société anonyme. Cette décision intervient après plusieurs étapes structurantes, dont l’augmentation du capital social et l’entrée d’un actionnaire majoritaire, et s’inscrit dans la volonté de renforcer la gouvernance, l’organisation et la gestion des activités sportives et commerciales du club.
Raja Casablanca est l’un des plus grands clubs de football du continent. Le club phare de Casablanca possède un palmarès riche avec de nombreux titres nationaux et internationaux, incluant 13 Championnats du Maroc, 9 Coupes du Trône, 3 Ligues des Champions de la CAF (1989, 1997, 1999), 2 Coupes de la Confédération (2018, 2021), 2 Supercoupes de la CAF (2000, 2019), et une Coupe Afro-Asiatique (1998), en plus d’une finale en Coupe du Monde des Clubs (2013).
Malgré ce palmarès riche, les dirigeants du Raja ne comptent pas dormir sur leurs lauriers. La nomination de Nawal El-Aidaoui intervient dans un contexte de restructuration institutionnelle marqué notamment par l’augmentation du capital social à 250 millions de dirhams et l’entrée de Ports4Impact comme actionnaire majoritaire. Raja S.A. a également entamé le renforcement de ses fonctions managériales et la mise en place de dispositifs de gestion conformes aux standards de gouvernance des entreprises.
Au Maroc en particulier et sur le continent en général, l’analyse statistique de données collectées montre qu’il existe une forte relation entre la mutation juridique et la gouvernance financière, entre la transformation en société et la nature de gestion et entre l’amélioration des ressources financières et la performance sportive.

La plupart des clubs de football en Afrique, notamment ceux du Sud du Sahara, sont actuellement en grandes difficultés financières à cause de la mauvaise gestion, de l’anarchie et du manque des ressources durables. Plusieurs clubs africains sont au bord de la faillite en raison de cette crise financière. Sans doute, pour faire une rupture avec cet amateurisme et pour fonder des assises et des bases solides pouvant assurer un degré élevé de la stabilité des clubs et du secteur de sport, il est indispensable d’instaurer un climat favorable et implémenter les mécanismes de bonne gouvernance financière au sein de ces clubs, comme fait le Raja Casablanca.
Pour y parvenir, plusieurs réformes sont adoptées afin de conduire les clubs vers le professionnalisme véhiculé par la transformation des clubs de football africains en sociétés anonymes sportives (SAS). Ce qui répondrait aux exigences de la Caf pour avoir sa licence, devant permettre de participer aux compétitions africaines inter-clubs. Jusqu’ici, très peu de clubs africains remplissent tous les critères.
Pour être éligible à la Ligue des Champions (LDC) ou à la Coupe de la Confédération (CCC) de la CAF, un club doit répondre à des critères stricts de la Licence CAF : participer à un championnat national reconnu, avoir des infrastructures conformes (stade minimum 10 000 places, anti-dopage, etc.), être financièrement stable et transparent (pas de dettes, budget clair), avoir des structures administratives et jeunes (équipes U17/U20, équipe féminine), et avoir des entraîneurs qualifiés (Licence A CAF), le tout validé par la Confédération africaine de football.
La solution viable est donc la transformation de clubs en société anonyme. Ce nouveau modèle répond à la fois aux exigences de spécificités de l’environnement du secteur sportif et aux particularités du contexte footballistique africain. On n’en vient à souhaiter que, l’émergence d’une nouvelle forme de sociétés sur le continent sous forme d’un statut juridique spécifique à chaque pays, soit de nature à attirer les capitaux étrangers pour un secteur footballistique africain qui peine à s’arrimer au modèle des clubs européens.
Emile Zola Ndé Tchoussi