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Victoire Ngo Ntame : « Les violences faites aux femmes dans le monde du sport sont réelles »

C’est le constat fait par l’ancienne internationale camerounaise de volleyball. Malgré qu’elle ne soit pas victime de ces actes peu orthodoxes, l’actuelle Chargée des affaires sociales et de la cellule d’écoute à l’association Global Women’s Emancipation in Sports (GWES) va en guerre contre ces comportements odieux. C’était au cours d’un séminaire organisé par ledit regroupement le 12 mai 2021 à Yaoundé. 

L’on se souvient du document intitulé « rapport sur les violences sexuelles dans le karaté au Cameroun » publié le 7 juillet 2020 accusant les membres du staff de la sélection nationale de la Fédération Camerounaise de Karaté en abrégée Fecakaraté et son président Me Emmanuel Wakam. Neuf karatékas ont exprimé chacun leur abus et harcèlement sexuel doublé de tentatives de viol. Quelques mois plus tard, les différents membres inculpés ont été sévèrement punis par le Ministère des Sports et de l’Education Physique, le Comité National Olympique et Sportif du Cameroun et l’instance faîtière africaine du Karaté.

L’association GWES conduit par la présidente, Dr Victorine Fomum, ancienne pongiste a pour objectif de lutter contre cette violence faite aux femmes en milieu sportif. « Les violences faites aux femmes dans le monde du sport sont réelles. C’est un fléau qu’il faut combattre avec la dernière énergie. On constate de plus en plus dans le sport surtout féminin que les talents meurent à cause de leur intégrité morale par exemple ; parce qu’elles ont refusé de céder aux avances de certains encadreurs et elles sont mises de côté. Parce qu’elles ont refusé d’obtempérer à des choses peu catholiques, elles sont mises de côté » a expliqué la championne d’Afrique de Volleyball 2017, Victoire Ngo Ntame.  A elle d’ajouter : «  Et, aussi faut pas seulement chercher la faute à nos encadreurs même entre nous les athlètes on se fait des violences. »

Après ce scandale sexuel à la Fecakaraté, les lignes n’ont pas du tout bougé au sein de plusieurs athlètes féminins. Beaucoup préfèrent rester bouche bée de peur de représailles. Sur ce pan, la chargée des affaires sociales au GWES  pense mettre sur pied une lettre anonyme qui sera ensuite distribuée aux différentes concernées. Ainsi « pour mener ce combat, il faut d’abord éduquer les athlètes sur ce que sait une violence. Sur ce que sait un abus, un harcèlement. Qu’est-ce qu’il faut faire lorsqu’on ait face à un langage qui peut susciter de la violence ? Qu’est-ce qui faut faire lorsqu’on subit des violences ? A qui s’adressez lors qu’on est violenté ? » explique Victoire Ngo Ntame. Elles sont nombreuses qui en souffrent. Gwes pourra-t-elle stopper cet élan malsain dans le milieu du sport féminin ? Comme disent les anglo-saxons, Just wait and see.

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