Entretien

Union Africaine de Judo-Abakar Djemah Aumi : « Le sport est un moyen de créer ce qu’on appelle le pré-emploi à la jeunesse »

Le président de la fédération tchadienne de judo, par ailleurs président du Comité national olympique du Tchad est candidat à la présidence de l’Union africaine de Judo. Ce judoka hors échelle dévoile quelques lignes de son plan d’action qui va révolutionner le judo africain.

Président Abakar, si vous êtes élu, savez- vous ce qui va changer fondamentalement dans le judo africain ?

Cela ne souffre d’aucun doute, il y’aura beaucoup de changement dans le judo africain. Et cela passe par l’amélioration des conditions de travail des judokas qui seront mis au-devant de la scène. Vous savez qu’aujourd’hui, au niveau de l’Union africaine de judo en 12 mois, l’Afrique n’a que deux compétitions. Vous avez le championnat d’Afrique senior et le championnat d’Afrique cadet de judo. En dehors de ça, vous n’avez pas d’autres évènements majeurs de judo sur le continent africain. Donc ça veut dire qu’il est évident que le judo africain ne fonctionne qu’à travers ce qu’on appelle l’administratif. Les judokas eux-mêmes ne sont pas au-devant de la scène. La mise en place des zones de compétition va créer un ensemble d’évènements sportifs pour permettre à nos judokas de se mouvoir au-devant de la scène et d’exposer leur talent.

La première des choses c’est qu’au niveau des zones, nous allons lancer ce qu’on appelle les « compétitions zonales », dans les catégories cadets et juniors. Parce-que ce sont ces catégories-là qui vont servir demain à  promouvoir les judokas de qualité dans les équipes séniors pour aller représenter le continent au niveau des championnats du monde seniors de judo et aux Jeux olympiques.

De deux, après les championnats par zone, nous allons mettre en place une synergie qui fera que les meilleurs judokas des zones puisque constituer, une équipe zonale. Il s’agira en quelque sorte d’une équipe africaine composée de plusieurs nationalités au niveau de chaque zone. On n’est plus dans une logique où on souhaite seulement voir le judo de son pays évolué, mais on souhaite voir la sous-région évoluée de manière croissante.

Après ça vous allez avoir l’étape trois qui sera le championnat d’Afrique, inter zones. Vous aurez des judokas qui vont venir de différentes zones, ils vont se retrouver dans un pays pour le championnat d’Afrique inter zones. Ils ne représentent pas seulement leur pays, ils représentent la zone.

C’est à partir de ce moment-là, que nous allons créer une concurrence positive et cette rivalité va amener à mettre en place, une nouvelle élite des judokas africains.

Lors de cette rencontre d’Abidjan,  avez-vous eu le sentiment que vos pairs présidents épousent cette volonté-là ?

 

Aujourd’hui dans ce dossier, dans cette élection qui se joue, je l’ai dit à plusieurs reprises depuis bientôt un mois, nous avons tous compris les choses. C’est qu’aujourd’hui le véritable vainqueur de cette période électorale, c’est le judo africain. Parce qu’en fait, nous repartons peut-être 20 ans en arrière, l’élection de l’exécutif du judo africain n’a jamais emballé le monde sportif comme ça. La fédération internationale de judo ne s’est jamais intéressée à ce point-là de savoir qui va prendre la tête du judo africain. Et au niveau du judo africain vous constatez que de notre côté nous avons fait quatre rencontres, de l’autre côté ils ont fait deux ou trois rencontres. Ça veut dire qu’il y’a une synergie qui est créée pour amener les présidents des fédérations de judo africaines à s’asseoir en groupe et réfléchir à comment on va développer le judo.

 

Est-ce que le choix de la Côte d’ivoire pour cette rencontre est fortuit ? Quelle est la place de la Côte d’Ivoire dans tout ce que vous venez de citer comme projet ?

Il faut savoir que le vice-président est ivoirien, déjà, la Côte d’Ivoire est au premier plan. La vision que nous partageons n’est pas la vision d’Abakar, c’est la vision d’une équipe. Je peux aujourd’hui ou demain mourir et c’est lui qui portera la vision. C’est la vision d’un groupe, ce n’est pas la vision d’une personne. Nous avons échangé, nous avons validé cette vision ensemble. C’est la vision de l’équipe que nous appelons la Dream team.

De deux, la place de la Côte d’ivoire est importante parce que la Côte d’ivoire va assurer la vice-présidence.

De trois, nous avons une trentaine de pays qui nous soutiennent, nous avons une dizaine de pays qui sont membres de la Dream time. Nous avons choisi Abidjan pour faire l’ultime rencontre pour aller vers cette élection.  Si nous repartons 50 ans en arrière et que nous regardons le sport européen et américain, c’est  les Etats qui ont fait du sport ce qu’il est aujourd’hui.

Aujourd’hui nous devons faire comprendre à nos Etats que le sport est un moyen de créer ce qu’on appelle le pré-emploi à la jeunesse. Nous devons faire comprendre que s’ils investissent dans le sport, c’est la jeunesse des pays qu’ils sont en train de  redresser.   C’est notre rôle en tant que dirigeants sportifs de vendre aux Etats, le sport c’est une porte de sortie pour sensibiliser la jeunesse à un avenir meilleur.

Propos recueillis par Emile Zola Ndé Tchoussi

Partagez...
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter